2018 : l’année qui simplifie la transformation agile de la digitalisation *

(*Ne cherchez pas : ça ne veut rien dire, mais c’est « tendance ».)

Retour vers le futur

2018 est là. Julien et Aurélie (vous les connaissez certainement, ils sont thalésiens) entament leur première journée de travail. Ca ne les enchante pas forcément, même s’ils trouvent une certaine satisfaction dans leur travail. Mais quoi, les vacances, avoir le loisir, la liberté de jouir de son temps comme on l’entend, c’était bien agréable !

Les milliers de calories englouties durant les fêtes, les nuits courtes et les discussions familiales pèsent encore un peu mais bon, quand il faut y aller…

Elle, se fond dans ses 6m2 d’un magnifique espace anonyme baptisé « espace collaboratif ».

Lui, reprend possession de son bureau (il est « chef ». Normal).

Ils se connectent. Enfin, ils essaient. Ah, les mots de passe ! Pourtant ils les avaient bien inscrits sur un post-it… Ah, ça y est.

Messagerie. Quelle plaie, tous ces messages. Il parait qu’on n’y peut rien, « c’est  le progrès ». Le progrès ou la liberté, il faut choisir. Problème : ils n’ont pas réellement le choix. La solution ? Le push mail, pour pouvoir travailler en vacances ? Le progrès, vous dit-on…

 

Je fusionne, tu absorbes, ils transforment

Ils ont retrouvé leur entreprise. Comment s’appelle-t-elle déjà ? C’est qu’elle a changé de nom pendant leur absence. Et pas seulement de nom : d’autres activités ont été intégrées, d’autres collègues les ont rejoints. Ou bien c’est l’inverse. Ils ne se souviennent plus bien s’ils font partie des absorbants, ou des absorbés, ou des pas concernés. Quelle importance ? Leur boulot, lui, n’a pas changé. Enfin, pas encore…

Ce qui n’est pas clair, c’est cette histoire de « statut collectif » : leurs droits, les règles qui les protègent. Ça devient quoi ?

La direction leur a dit que ça ne changeait pas. Et même que ça ne change RIEN. Transformer l’organisation pour que ça ne change rien, transformer pour transformer serait devenu une méthode de management ? Après-tout, plus rien ne les étonne.

Mais les syndicats ont annoncé que des négociations vont débuter rapidement. Bien sûr, il y a  celle sur les salaires mais ce n’est pas ça (leur revient en mémoire la phrase du DRH Groupe l’an passé : « à 3% d’augmentation, Thales se tire une balle dans le pied ». Impayable ! Enfin, son humour.).

Temps de travail, mobilité, déplacements professionnels, …, QVT, Télétravail, Egalité professionnelle, … Au niveau de l’entreprise ou au niveau du Groupe… Tout ça leur paraît confus. Et surtout, pourquoi tout ça au nom d’une « simplification » devenue mantra ?

Il paraît même que le CE, les DP, le CHSCT, tout ça va disparaître cette année. Ou changer. Dans toutes les sociétés du Groupe. Comment, pourquoi ?

 

Dans le secret des ordonnances

Julien, cette affaire de « dialogue social », ça ne le passionne pas.

Et puis, Macron a dit que c’était pour « simplifier ». Qui peut être contre une simplification… ?

En même temps, il sent bien que ces « ordonnances », auxquelles il ne comprend rien, ça ne va pas réduire le chômage. Il ne faut pas le prendre pour un naïf. Pour être honnête, il ne se sent pas concerné. Ah, si, un sujet : pas touche au CE, les voyages, la médiathèque, les billets à tarifs réduits, les chèques, le sport, tout ça. Les activités sociales et culturelles, c’est une bonne contrepartie au boulot !

Aurélie (syndiquée, elle ne veut pas que ça se sache, sans trop savoir pourquoi) le rassure : elle a suivi le sujet. « Rien ne change » ? Elle trouve ça bien léger. Elle lui explique que, face au pouvoir de l’employeur, des actionnaires, il faut des institutions pour représenter les intérêts des salariés, collectifs ou individuels ; qu’individuellement, on ne pèse pas grand-chose ; que c’est en créant des solidarités par la construction d’un « statut collectif » et d’ « institution de représentation du personnel », de syndicats qu’ils peuvent faire valoir leurs intérêts, tenter de peser sur les décisions de la direction, proposer des solutions, des projets. Que les « ordonnances », annoncées comme devant soigner un « dialogue social malade », pourraient bien l’affaiblir. Pourquoi la démocratie s’arrêterait à la porte des entreprises ???

Chicaneries de couple sans conséquences.

Non, ce qui les « interroge » plus, c’est l’info qu’ils ont lu dans les dizaines ou centaines de messages qu’ils reçoivent par jour : Thales achèterait un autre Groupe.

 

GEMALTO, (anagramme de) méga tôl’…

L’une et l’autre travaillent dans des activités sensiblement identiques, proches de ce qu’ils ont compris des activités de GEMALTO. D’où questions, inquiétudes.

D’autant que 4,8 Md€ (Milliards), ça fait une somme ! Si, si, ils l’ont lu.

Ils se disent que, en alignant une telle somme sans broncher, la direction devrait être généreuse dans les négos salariales. Quoi ? 3% de la masse salariale ça fait environ 90 M€. Comparés à 4,8 Md€. 53 ans d’augmentation. Détail.

En revanche, comment ça va se passer, l’intégration ? Avec leur années d’ancienneté, l’expérience d’autres projets de ce type, ils savent bien qu’un plus un ne fait pas deux.

Sans trop se mettre la rate au court bouillon par avance, ils ne peuvent s’empêcher de s’interroger :

  • Quelle est la stratégie globale au regard de la réalité actuelle des activités du Groupe ?
  • Pourquoi avoir vendu les collègues de l’« Identitaire » de TCS à l’Imprimerie Nationale ?
  • Quel est l’avenir de l’activité « transport » et notamment celui des collègues de Brétigny, filialisés le 1er janvier ?
  • Quel est l’avenir dans le Groupe de tout ce qui n’est pas considéré comme suffisamment « tech » et/ou rentable ?

Et bien d’autres questions encore, qui amènent Julien à se dire que, effectivement, un contre-pouvoir à la direction et aux actionnaires, n’a rien d’un luxe.

 

La CFDT THALES vous souhaite une année 2018 joyeuse et généreuse