NAO 2017 : bilan…

Les Négociations Annuelles Obligatoires Thales Avionics 2017, et les mouvements de contestation qu’elles ont générés, se sont arrêtés il y a deux semaines. Nous vous proposons aujourd’hui un tract intersyndical d’explication et de bilan de cette période.

 

Des propositions insuffisantes et une absence de dialogue social

En résumé :

-       Des excellents résultats financiers pour le groupe Thales et Thales Avionics, mais  une redistribution aux salariés jugée unanimement insuffisante (bien meilleure pour les actionnaires et dirigeants du groupe),

-       Des consignes de politiques salariales « groupe » ne laissant aucune marge dans les entités, avec en conséquence une absence de négociation,

-       Une position dogmatique de Direction Thales Avionics sur la fermeture d’été.

 

Ce constat d’absence de dialogue social a conduit l’ensemble des organisations syndicales de Thales Avionics à organiser des mouvements de contestation et un boycott des réunions (CE, CCE, DP, CHSCT…)

 

En conséquence, des sites mobilisés, notamment à Toulouse

Des mobilisations se sont organisées sur chaque site, avec des fréquences et des intensités variées, allant d’un débrayage par semaine à 7 jours de grève avec blocage de la production.

 

La mobilisation a été bonne sur le site de Toulouse. Elle a commencé dès le 20 janvier, avec des rassemblements quasi quotidiens, deux votes, un débrayage, trois barrages filtrants… avec des échos dans la presse et sur France Info.

 

Mais une Direction qui reste figée sur sa position

Les efforts consentis par les salariés pendant toute la durée du mouvement a conduit à un essoufflement de la mobilisation, inégal selon les sites (7 jours de grève, ça pèse sur la feuille de paie !), sans réussir à faire bouger significativement la position de la Direction.

 

Une fin brutale

Le mercredi 15 mars, la Direction a fait les ultimes propositions suivantes, avec un chantage à l’arrêt immédiat du mouvement : +100€ de PVCO (prime pour les non-cadres), possibilité de récupérer les heures de grève, engagement de la Direction de remettre sur la table avant les prochaines NAO le sujet de la fermeture du mois d’août. Les Délégués Syndicaux Centraux Thales Avionics les ont alors collectivement accepté, non pas parce qu’ils étaient satisfaits mais parce qu'il s'agissait de sortir du conflit sur une amélioration. Pourquoi ? En partant du constat issu du terrain qu’une part importante des salariés les plus mobilisés (notamment techniciens et ouvriers) commençait à manquer de souffle et que ces propositions permettaient aux salariés grévistes de perdre moins d’argent.

 

C’est vrai que les salariés mobilisés n’ont pas été appelés à voter sur la poursuite ou la fin du mouvement. Néanmoins, les Délégués Syndicaux Centraux ont écouté les salariés de tous les sites de Thales Avionics et ont pris leur décision avec ces informations qu’ils avaient en leur possession, parfois  différentes du ressenti des salariés de Toulouse.

 

Notre site, à très forte proportion d’ingénieurs et cadres, a su démontrer par ses mouvements répétés toute sa solidarité avec les autres sites. Mais la poursuite des actions seulement sur Toulouse n’aurait pas été suffisante pour faire bouger le rapport de force pour tout Thales Avionics.

 

… et leçons à tirer 
Une responsabilité = la Direction

Il ne faut pas perdre de vue que la principale responsabilité de cet échec de négociation revient à la Direction, qui souhaite aujourd’hui en tirer les leçons. Ce conflit a fait voler en éclat le vernis « Socialement Responsable » du groupe Thales et de Thales Avionics.

 

Une bonne mobilisation : utile !

Oui, la mobilisation sur Toulouse a été bonne ! Nous remercions toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés.

 

Oui, la mobilisation est utile :

-       Il y a eu quelques gains (augmentation du budget de 0,2%, amélioration du plancher…),

-       Nous avons pour nous la fierté de nous être battus pour nos convictions, nos ambitions pour la politique salariale sont les mêmes qu’avant ces deux mois de conflits !

-       Nous avons montré que les ingénieurs et cadres savaient se mobiliser, comme les non-cadres,

-       Sans mobilisation cette année, nous aurons encore moins d’augmentation l’année prochaine.

 

Et après ?

Le Groupe Thales ne peut plus afficher une vitrine sociale exemplaire en faisant la promotion de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et appliquer en même temps une politique de partage de gains inéquitable au profit de ses dirigeants et actionnaires et au détriment de sa force vive principale que sont ses salariés.

 

Nous devons rappeler à notre Direction que la démarche économique doit reposer sur le lien, le partage et l’épanouissement et non seulement sur la performance financière immédiate.

 

Cela passe par une restauration du dialogue social, et bien sûr par un meilleur rapport de force. Peut-on mieux réussir notre mobilisation ? Oui, en commençant plus fort et plus tôt ! D’ailleurs, nous vous proposerons après l’été des actions pour démarrer au plus tôt le rapport de force concernant la non-fermeture de l’été et préparer les NAO suivantes.

 

Nous, organisations syndicales, ne sommes composées que de salariés qui, à côté de leur travail ont choisi de s’engager pour tous, et font de leur mieux. Alors venez nous rejoindre pour débattre et nous aider dans notre action ! En attendant, nous vous invitons à travailler à hauteur de votre paie, et à trouver un équilibre qui vous permettra de vivre sereinement votre vie professionnelle…